Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



La Butte-aux-Cailles

Rue de l’Espérance

rue de l'espérance

La rue de l’Espérance, dont les trottoirs sont ponctués de bancs publics, de réverbères haussmanniens et d’arbres plantés sur de petits parterres fleuris

La dénomination curieuse de « Butte-aux-Cailles » a d’abord été expliquée le plus simplement du monde : elle serait liée « à la quantité prodigieuse de ces oiseaux au printemps », qui auraient pris l’habitude de s’assembler « en cet endroit, pour se diviser ensuite et se répandre chacune dans leur territoire habituel » (Paris, 1779, t. 1, p. 719). Les chemins étroits et encaissés, les prairies et les taillis de la Butte-aux-Cailles regorgeaient probablement de gibier et furent sans doute livrés à la chasse.

Toutefois, cette appellation reviendrait à Pierre Caille (la « Butte à Caille »), qui avait acquis, en 1543, un coteau planté de vignes dominant la Bièvre et aurait ainsi légué son patronyme à la Butte-aux-Cailles.

gravure aerostat

Descente de la machine aérostatique de Messieurs d’Arlandes et Pilâtre du Rozier, premiers voyageurs aériens, gravure, 1783, BNF, Estampes.

 En 1783, un événement scientifique marqua l’histoire de la Butte-aux-Cailles : l’atterrissage du premier vol habité, effectué par Jean-François Pilâtre de Rozier et François-Laurent d’Arlandes, depuis les jardins de la Muette. Sur le versant sud de la Butte-aux-Cailles, le square de la Montgolfière conserve le souvenir de l’atterrissage du ballon de Pilâtre de Rozier, à l’angle des rues Bobillot et Vandrezanne.

boulevard a blanqui à hauteur rue atget

Le boulevard Auguste-Blanqui, aménagé à l’emplacement du mur des Fermiers-Généraux

La Butte-aux-Cailles appartenait encore au territoire de Gentilly, mais n’était pas encore séparée « physiquement » de Paris. En 1784-85, la construction du mur des Fermiers généraux, sur le tracé de l’actuel boulevard Auguste-Blanqui, rejeta alors clairement la butte à l’extérieur des frontières de la capitale.

ransonnette moulin des prés

Charles Ransonnette (1793-1877)

Moulin des Prés. Butte aux Cailles, 1852, dessin, Paris, BNF, Estampes

 A quoi ressemblait la Butte-aux-Cailles au début du XIXe siècle ? Le Dictionnaire historique de la Ville de Paris et de ses environs, publié par Hurtaut et Magny, décrit les lieux comme un « monticule …une espèce de terrain élevé …au-dessus des Gobelins » où « on a fait construire depuis quelques temps plusieurs moulins à vent ». Il est vrai que cette butte culmine à 63 mètres, bien en deçà de la célèbre Butte Montmartre ! 

 Les dessins à l’encre de Charles Ransonnette (1793-1877) confirment que la Butte-aux-Cailles était encore peu bâtie au milieu du XIXe siècle. Ransonnette y prend pour sujet le moulin des Prés et la rivière de la Bièvre, petit affluent de la Seine. Dressé en rive droite du bras vif de la Bièvre, ce moulin à vent fonctionnait au moins depuis le XVIe siècle.

plaque lit bièvre angle rue pape

La plaque indiquant l’emplacement du lit de la Bièvre et du moulin des prés, en bas de la rue du Moulin-des-Prés, à l’angle de la rue Henri-Pape

Racheté par la Ville de Paris en 1881, l’emplacement de ce moulin est désormais indiqué par une plaque scellée dans le trottoir de la rue du Moulin-des-Prés, à l’angle de la rue Henri-Pape.

 Au cours du XIXe siècle, c’est une population de chiffonniers et d’ouvriers employés dans les tanneries et les teintureries implantées en bordure de la Bièvre qui s’installa sur la Butte-aux-Cailles. Les lieux n’avaient pas encore le charme d’aujourd’hui, en raison du voisinage de ces industries extrêmement polluantes, que l’on avait repoussées au-delà des frontières de la capitale. En 1860, Paris absorba plusieurs communes limitrophes, en totalité ou en partie : Gentilly perdit les deux tiers de son territoire, dont la Butte-aux-Cailles. Et par souci d’hygiène, la Ville de Paris décida de canaliser et de recouvrir la Bièvre.

maison rue butte aux cailles

Une maison à un seul étage, située à l’angle des rues de la Butte-aux-Cailles et de Pouy

 La Butte-aux-Cailles échappa toutefois aux travaux du baron Haussmann, en raison des carrières de calcaire, qui exigeaient de remblayer à grands frais avant de bâtir d’imposants immeubles en pierre de taille. Elle conserva ainsi ses vieilles maisons, ses passages pavés, ses villas et ses squares retirés, qui lui donnent aujourd’hui encore l’aspect d’un village provincial.

place commune de paris

Une place consacrée à la Commune de Paris, en bordure de la rue de la Bute-aux-Cailles

En 1871, la Butte-aux-Cailles fut le théâtre des répressions sanglantes contre les Communards. Après le renversement du Second Empire, l’assemblée élue en février 1871, majoritairement « royaliste et pacifiste », avait suscité la méfiance des Parisiens, qui craignaient de perdre les libertés acquises (droit de grève, liberté de la presse) dans les dernières années du règne de Napoléon III.

La nouvelle assemblée choisit, par prudence, de transférer son pouvoir à Versailles, avec l’intention de rétablir l’ordre dans la capitale. Elle décida, pour cela, de désarmer les Parisiens, mais se confronta à une résistance sous-évaluée par le Président Adolphe Thiers. Lorsque le gouvernement donna l’ordre de prendre les canons entreposés à Belleville et à Montmartre, les Parisiens s’y opposèrent : ils massacrèrent le général Lecomte et le sous-officier Clément-Thomas, envoyés sur la Butte Montmartre ; ce qui déclencha l’insurrection.

En quelques jours, les Versaillais s’emparèrent du fort du Mont-Valérien, s’installèrent au rond-point de Courbevoie, puis à Moulineaux, et menacèrent le fort d’Issy. Le 13 mai, ils prirent le fort de Vanves et entrèrent dans Paris, le 21 mai, occupant bientôt la totalité de l’actuel XIVe arrondissement. Face à l’offensive, le général Wroblewski concentra les forces insurgées sur la rive gauche, les forts du sud, le Panthéon et la Bièvre. Ils dut finalement se replier sur la Butte-aux-Cailles, encore peu habitée, d’où il fit tirer sur la place d’Enfer et les autres points stratégiques du quartier de l’Observatoire.

Le 24 mai, un combat d’artillerie intense eut lieu entre la batterie versaillaise de la place d’Enfer et celle des bataillons fédérés de la Commune de Paris, réfugiés sur la Butte-aux-Cailles. Ces derniers parvinrent, à chaque fois, à repousser les assauts de leurs adversaires. Pour venir à bout de cette poche de résistance, le général de Cissey fit toutefois donner un déluge de tirs sur la Butte-aux-Cailles, qui chuta au terme de la « Semaine sanglante ».

  

place paul verlaine avec fontaine puits artésien

Le buste de Jules Bobillot et la fontaine du puits artésien, sur la place Paul-Verlaine

A la fin du XIXe siècle, le forage d’un puits artésien confirma, sur la Butte-aux-Cailles, une technique dont les progrès avaient déjà fait leur preuve à Paris. L’ouvrage fut proposé par François Arago et autorisé par le baron Haussmann, en 1863. Le projet devait alimenter le quartier en eau, mais aussi réguler le débit insuffisant de la Bièvre, dont le courant n’emportait plus les détritus.

La nappe souterraine était, comme ailleurs, située entre deux couches d’argile imperméables empêchant sa remontée. Les travaux de forage ne débutèrent qu’en 1866, à l’emplacement de l’actuelle place Paul-Verlaine. Ils s’interrompirent en 1871, après la chute du Second Empire, les troubles liés à la Commune de Paris et le manque d’argent. Le forage reprit en 1893, alors que la Bièvre était en cours d’enfouissement et qu’il n’était plus question d’y jeter l’eau du puits artésien.

façade psicine butte aux cailles

La piscine de la Butte-aux-Cailles (1922-24) 

Ce puits artésien alimenta finalement la piscine de la Butte-aux-Cailles, édifiée par Louis Bonnier, architecte-voyer de la Ville de Paris, en complément d’anciens bains-douches datant de 1908. Elle se caractérise par une façade en briques rouges, de style « Art Nouveau », qui se dresse sur un côté de la place Paul-Verlaine.

La modernité de l’établissement ne tenait pas seulement à son architecture, mais aussi à son organisation, notamment au passage obligatoire des baigneurs par les douches et par un pédiluve, selon les nouveaux critères d’exigence sanitaire. Dès son ouverture, la piscine de la Butte-aux-Cailles proposa un bassin de natation à l’intérieur, deux bassins supplémentaires à l’extérieur, ainsi qu’un solarium.

plafond vestibule piscine butte aux caille

Une coupole du hall d’entrée

L’architecture intérieure est encore plus fascinante. Des coupoles en béton armé ajourées de dalles de verre assurent un éclairage naturel dans le hall ou vestibule d’entrée.

piscine butte aux cailles

Le bassin de natation

  Le bassin de natation est situé sous une imposante voûte en ciment armé, soutenue par sept arches en béton. Le décor est très sobre ; le sol est revêtu d’un carrelage de céramique blanc vernissé. Cette nef voûtée est également éclairée par des fenêtres percées au-dessus de arcs et de semblables coupoles ajourées.

En 1994, la Ville confia l’entretien des puits artésiens à Eau de Paris, qui réalisa, en 2000, un second forage. En 1999, une nouvelle fontaine fut inaugurée : les habitants du quartier viennent toujours collecter cette eau potable, légèrement sulfureuse, riche en fer et en fluor. Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles cessa, en 2016, d’alimenter la piscine en eau chaude, remplacé par des serveurs aménagés dans les sous-sols de l’établissement.

Rue des Cinq-Diamants

rue cinq diamants1

La rue des Cinq-diamants, du côté du boulevard Auguste-Balnqui

La Butte-aux-Cailles forme, entre le boulevard Auguste-Blanqui, au nord, et la rue de Tolbiac, au sud, un hexagone irrégulier, délimité par la rue Barrault, à l’ouest, et la rue du Moulin-des-Prés, à l’est. La rue de la Butte-aux-Cailles, artère centrale, traverse ce « monticule » d’est en ouest : elle rallie, en formant un coude, la rue Bobillot à la rue Barrault. La rue de l’Espérance la prolonge, vers le sud, en direction de la rue de Tolbiac. D’autres rues plus étroites et des passages aboutissent à cette voie centrale, sur les versants nord et sud. La rue des Cinq-Diamants et la rue Samson débouchent également sur la rue de la Butte-aux-Cailles, selon un axe transversal.

Du côté du boulevard Auguste-Blanqui, la rue des Cinq-Diamants paraît presque encaissée : ses premiers mètres, en pente douce, sont longés, du côté impair, par un muret bordant la cour envahie de broussailles et plantée d’arbres d’une grosse maison couverte de vigne vierge.

rue cinq diamants 2

Le jardinet verdoyant et fleuri – 3, rue des Cinq-Diamants

Un peu plus loin, le muret devient un haut mur de pierres, qui semble soutenir la terrasse d’un jardinet verdoyant et fleuri, contenu derrière de petites rambardes constituées de planches de bois supeprosées.

13 rue cinq diamants

La façade de l’immeuble situé 13, rue des Cinq-Diamants

La rue gravit ensuite la légère côte de la Butte-aux-Cailles. Elle est longée, du côté impair, d’immeubles vraisemblablement bâtis dans les dernières décennies du XIXe siècle et les premières années du siècle suivant.

Une façade « brique et pierre » retient l’attention : le linteau des fenêtres du premier étage est orné de carreaux de céramique et la travée centrale, au décor plus élaboré, porte, au second étage, une tête de Mercure, dieu du commerce, sur un fond de motifs de fleurs, fixée à l’intérieur d’un fronton arrondi et coupé à sa base. 

A quelques pas, du côté pair, une barre d’immeubles modernes entoure pratiquement une prairie verdoyante au fond de laquelle se dresse une maison plus ancienne, précédée d’un perron, qui tient encore tête aux grands ensembles.

Rue Eugène-Atget

rue atget

L’escalier de la rue Atget

A partir du boulevard Auguste-Blanqui, l’accès à la Butte-aux-Cailles peut également s’effectuer par la rue Eugène-Atget. Cette rue, qui consiste plus exactement en un escalier, placé sur un versant très prononcé, a été aménagée en 1978, en même temps que les immeubles bordant le boulevard. Elle rend hommage au père de la photographie moderne, qui prit de nombreuses vues de la Butte-aux-Cailles, immortalisant notamment les logements insalubres des chiffonniers.

L’escalier de la rue Eugène-Atget mène au jardin Brassaï, créé en 1977, en l’honneur d’un autre photographe, pour lequel Paris fut un sujet de choix, puis rallie la rue Jonas.

Passage Barrault

sculpture vue a travers grille passage barrault

La rue Jonas chemine entre les parterres du square Brassaï pour atteindre la rue des Cinq-Diamants. Dans cette rue, en prenant à droite, le passant croise, au bout de quelques mètres, le passage Barrault, qui retient l’attention par son caractère pittoresque. Ce passage pavé, comme bien d’autres, est un ancien chemin de traverse, que la Ville de Paris fit élargir à la fin du XIXe siècle en mordant sur les terrains privés avoisinants. En échange des quelques mètres cédés, ceux-ci avaient l’honneur d’avoir une rue à leur nom.

Dans ces passages, certains propriétaires firent bâtir de petites maisons particulières, précédées d’un jardinet, pour loger leurs ouvriers. Leur engagement en faveur d’un habitat accessible et décent, annonciateur des cités ouvrières du XXe siècle, était parfois récompensé par l’obtention de subventions et de déductions fiscales.

Autrefois privé et nommé « Dubois », le passage Barrault prit, en 1873, le nom d’un ancien propriétaire des terrains sur lesquels son tracé fut aménagé. A l’écart de l’agitation qui peut régner dans la rue des Cinq-Diamants, il conserve l’esprit des vieux quartiers de la Butte-aux-Cailles. C’est évidemment très agréable d’y flâner : on peut apercevoir, à travers les grilles d’une clôture, la tête sculptée d’une jeune femme endormie sur un coussin de pierre…

passage barrault   mirabelles passage barrault 

… et un peu plus loin, admirer un arbre aux branches débordantes, qui retombent généreusement chargées de fruits au mois de juin.

Rue Daviel

petite alsace rue daviel

Les pavillons de la cité Daviel

 Sur le versant ouest, la rue Daviel est à double-pente vers l’ancien lit de la Bièvre. Elle accueillait autrefois des tanneries, installées à proximité de la rivière, dont l’activité cessa tardivement, dans la seconde moitié du XXe siècle, au moment du réaménagement de l’ « ilot Bièvre ». Plus haut, sur le versant de la Butte-aux-Cailles, les lotissements de la rue Daviel constituent une curiosité architecturale.

C’est le cas de la cité Daviel, créée par Jean Walter en 1913, sous l’égide des Œuvres du Moulin-Vert de l’abbé Jean Viollet. Spécialisé dans le logement social, l’architecte y reprend le modèle de la cité-jardin, que son confrère Henri Sellier développera après la Première guerre mondiale, à la périphérie des grandes villes.

Ce joli ensemble aujourd’hui très prisé est ainsi une ancienne cité ouvrière : il rassemble une quarantaine de pavillons organisés autour d’une cour intérieure à la façon d’un « béguinage flamand ». Jean Walter lui attribua les caractéristiques d’une architecture régionale (porche à pans de bois, toitures couvertes de tuiles, maisons à colombages), qui lui vaut d’être connu comme « La Petite Alsace ».

cité daviel

La villa Daviel

Face à la « Petite Alsace », une impasse pavée mérite d’être considérée : la villa Daviel. Percée en 1912, elle fut bâtie de petites maisons en brique, devancées d’une cour ou d’un jardinet, et délimitées par un muret surmonté d’une grille, avec une porte en fer, cantonnée de piliers.

Aménagée dans un souci d’harmonie architecturale, la villa Daviel était destinée à loger une population démunie dans le respect des règles de santé publique. Ce projet novateur d’urbanisation « modernisait » un quartier que les bicoques des chiffonniers occupaient encore largement.   

Passage du Moulinet

passage du moulinet

Le passage du Moulinet

Au sud de la Butte-aux-Cailles, le passage du Moulinet est un ilot de tranquillité, soigneusement pavé et doté d’une rigole au tiers de sa largeur. Cette ancienne impasse, devenue « passage » après le percement de la rue de Tolbiac en 1879, prit le nom de la rue opposée, nommée ainsi en l’honneur d’un petit moulin, situé à l’angle de l’avenue d’Italie.

Comme bien souvent, une végétation débordante laisse deviner les jardinets qui s’étendent derrière les hauts murs des maisons et des petits immeubles qui longent cette charmante voie.

Passage Vandrezanne

passage vandrezanne

Le passage Vandrezanne

 Du côté de la rue du Moulinet, un second passage s’ouvre sur le trottoir d’en face : le passage Vandrezanne. Il gravit, d’abord en léger faux-plat, les premiers mètres du versant sud de la Butte-aux-Cailles. Plus étroit et uniquement piétonnier, le passage Vandrezanne se faufile entre la clôture grillagée d’une cour d’immeuble et le mur du square de la Mongolfière, sur lequel est fixée une main courante.

passage vandrezanne vers rue même nom

Le débouché du passage Vandrezanne

Ce passage débouche sur la rue Vandrezanne, qui forme un coude vers la rue Bobillot. Les murs crépis de plusieurs bâtiments couverts de tuiles et un portail flanqué de piliers carrés se dressent à son débouché. Deux portes en ferronnerie, l’une cochère, l’autre piétonnière, donnent accès à une cour privée et à un pavillon à chaînages d’angle, entablements et frontons.

passage vandrezanne vers rue même nom   carpeaux rieuse aux roses

Du côté du portail, le trumeau d’angle est orné d’une niche voûtée en cul-de-four, occupée par un buste de femme clairement inspiré des sculptures de Carpeaux (La Rieuse aux roses, après 1872, fonte, Valenciennes, musée des Beaux-Arts).

Au fond de la cour, une seconde clôture protège un bâtiment plus imposant en brique et pierre, dont la façade postérieure donne sur la rue du Moulin-des-Prés.

Rue du Moulin-des-Prés

rue moulin des prés vers place verlaine2

La rue du Moulin-des-Prés, non loin de la place Paul-Verlaine

La très longue rue du Moulin-des-Prés traverse la Butte-aux-Cailles du nord au sud. Au niveau de la place Paul-Verlaine, un imposant mur de soutènement contient la terrasse du lotissement dont le portail d’entrée s’ouvre sur la rue Vandrezanne. Percé d’une petite porte et couronné d’une balustrade en pierre, ce mur laisse apparaître la façade de la belle bâtisse du fond de la cour.

La polychromie « brique et pierre », la corniche à modillons, les consoles moulurées des balcons, les carreaux de céramique à motifs floraux, les garde-corps en ferronnerie suggèrent la façade soignée d’une maison bourgeoise.

square des peupliers         square des peupliers 2

Le square des Peupliers (1926)

Quelques mètres avant de croiser la rue des Peupliers, la rue du Moulin-des-Prés passe devant le square des Peupliers. Formé de trois voies pavées enserrant un ilot triangulaire, le square des Peupliers rassemble des maisons et de petits immeubles occupant le centre de parcelles, avec jardinets à clôture en brique et grille en fer forgé, dont le modèle est très répandu sur la Butte-aux-Cailles.    

square des peupliers 3

L’une des trois voies du square des Peupliers

Lotissement ouvrier à l’origine, le verdoyant square des Peupliers est aujourd’hui très convoité. Son cadre champêtre est séduisant : la vigne vierge grimpant sur les façades, le lierre s’accrochant parfois aux grilles, les glycines s’enroulant autour des barreaux. La vie se déroule à l’intérieur, préservée de la pollution et du bruit de la ville.

quartier maison meulière rue moulin des prés    rue moulin des prés maison hlldaise près bièvre

Les pavillons en meulière et la maison « hollandaise »

Un peu plus bas, la rue du Moulin-des-Prés longe la parcelle triangulaire d’un lotissement également desservi par les rues des Peupliers et Henri-Pape. Elle rassemble de gros pavillons à l’architecture homogène en meulière, édifiées par l’Association fraternelle de la Compagnie de chemin de fer du métropolitain, à partir de 1908. L’aspect de ces maisons est fidèle à leur état d’origine, si ce n’est que leur toit en terrasse, dont l’étanchéité laissait à désirer, a été couvert de combles mansardés. 

Une maison « hollandaise » se dresse sur le trottoir opposé : son pignon à gradins, percé de fenêtres, donne sur la rue. Le parement (meulière, carreaux de céramique) et la petite cour latérale de l’édifice (muret, piliers et porte en fer) se fondent harmonieusement dans le décor du quartier.

Rue de Pouy

immeuble années 30 rue de pouy

Jeune femme aux pigeons

Sur le flanc sud de la Butte-aux-Cailles, plus à l’ouest, la rue de Pouy remonte jusqu’à la rue de la Butte-aux-Cailles. Elle passerait presque inaperçue si l’angle de la rue Bobillot n’était pas occupé par un immeuble imposant, comprenant sept étages en façade.

Édifié par l’architecte Ch. Legrand en 1932, il répond aux critères d’un style « Art Déco » tardif : balustres en pierre réduits à la forme de simple cylindre, fenêtres sans encadrements ni moulures, garde-corps tubulaires, décor sculpté cantonné aux angles du bâtiment. L’un des reliefs représente une jeune femme dénudée, sur un fond de draperie, les bras repliés sous la poitrine, où s’est niché un pigeon, la tête inclinée et les yeux mi-clos.

Passage Boiton

passage boiton

Les petits immeubles du passage Boiton, vers la rue de la Butte-aux-Cailles

Parallèle à la rue de Pouy, le passage Boiton a préservé son caractère provincial, avec de petits immeubles, parfois disposés autour d’une cour intérieure, et des maisons individuelles, qui comprennent rarement plus de deux ou trois étages. Ce passage pavé, éclairé par des réverbères haussmanniens et ponctué de verdure par les arbres débordant des différents jardins, constitue une promenade agréable. 

.
 
12

Auroreartistepeintre |
Bienvenu à Bord !!!! |
Artstory |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Filsetformes
| Francis Meunier
| Culture musicale au CRD d&#...